Articles / Notes de studio

Sous-traitance du développement en marque blanche : un projet d'agence livré avant la Coupe du monde 2026

Une agence accepte un nouveau client alors que son équipe est prise ailleurs, avec une date qui ne bouge pas : la Coupe du monde 2026. Voici comment nous répartissons les rôles en marque blanche, du NDA à la propriété du code, et ce que nous vérifions le jour de la remise.

Une agence peut sous-traiter le développement sans recruter, à une condition : la répartition des rôles doit être écrite avant que la construction commence. L'agence garde la relation client, le brief, la marque et la validation finale. Le partenaire technique cadre, construit, teste et documente. Son nom n'apparaît pas sur le travail, et le code appartient à l'agence ou à son client.

Quand une agence a besoin de développeurs sans pouvoir recruter pour un seul projet

Le scénario est toujours le même. Un bon client arrive. Le projet est intéressant. L'équipe est déjà prise. Recruter pour un seul projet coûte trop cher et prend trop de temps. Refuser, c'est envoyer le client chez un concurrent.

Ce n'est pas un problème de mauvaise organisation. Selon un prestataire spécialisé, la raison la plus fréquente pour laquelle les agences externalisent le développement est simple : la demande varie davantage que la capacité interne, et une équipe fixe ne peut pas absorber tous les pics. Le marché s'est organisé autour de ce besoin.

Trouver quelqu'un n'est donc pas le plus dur. Le plus dur, c'est de savoir qui fait quoi. Nous voyons ces projets échouer pour trois raisons, toujours les mêmes : le sous-traitant finit par parler directement au client final, le code reste sur ses comptes, ou « c'est testé » ne dit jamais contre quoi.

Un nouveau client, une équipe prise ailleurs et une date qui ne bouge pas : la Coupe du monde 2026

Une agence venait de signer un nouveau client. Son équipe était mobilisée sur d'autres projets. Le lancement devait coïncider avec la Coupe du monde 2026. Cette date ne se négocie pas : le premier match ne sera pas reporté parce qu'une fonctionnalité a pris du retard.

L'agence nous a demandé si nous pouvions prendre la construction en charge.

Nous n'avons pas donné de date tout de suite. Nous avons d'abord lu le brief et listé ce que nous ne savions pas. Puis nous avons posé nos questions par écrit, à l'agence et seulement à elle. Ce qui restait flou est devenu une première étape courte, cadrée et facturée. Une estimation construite sur des trous, c'est un chiffre que l'agence vend à son client et que personne ne peut tenir.

Ensuite, nous avons découpé le périmètre en deux colonnes : ce qui doit être en ligne au coup d'envoi, et ce qui peut arriver après. Cette deuxième colonne a sauvé le calendrier. Le client final a validé le découpage, présenté par l'agence avec ses propres mots.

Le projet a été livré avec de la marge avant la date. Le client final n'a vu qu'un seul nom : celui de l'agence.

Comment nous travaillons en marque blanche avec une agence : qui fait quoi, NDA et propriété du code

Chez Pillet Grenié Bureau, nous fixons la répartition des rôles par écrit avant le premier jour de construction. C'est le cœur de notre accompagnement des agences en développement.

Ce que garde l'agence

La relation client, le brief, la marque et la validation finale. Nous n'écrivons jamais au client final et nous ne participons pas aux réunions sous notre nom. Quand une décision technique doit être expliquée, nous préparons l'explication en termes métier, et c'est le chef de projet de l'agence qui la présente. Il doit pouvoir la défendre sans nous appeler pendant la réunion.

Ce que nous faisons

Nous cadrons, nous prenons les décisions techniques et nous les expliquons. Puis nous construisons, nous testons et nous documentons. Notre nom n'apparaît ni dans le code livré, ni dans les écrans, ni dans les emails envoyés par l'application.

NDA et propriété du code

Quand le client final exige un accord de confidentialité, nous le signons. Pour la propriété, un point juridique compte plus que les autres. Une analyse juridique française rappelle que la marque blanche ne crée pas de régime juridique propre : l'agence reste liée à son client par son contrat, et elle ne peut céder que les droits qu'elle a elle-même acquis. Si notre contrat avec l'agence ne prévoit pas la cession du code, l'agence promet à son client quelque chose qu'elle ne possède pas. Nous l'écrivons donc noir sur blanc.

Discrétion ne veut pas dire opacité. La même source précise que, lorsque la loi de 1975 sur la sous-traitance s'applique, le sous-traitant doit être accepté et ses conditions de paiement agréées, et que les règles sur les données personnelles peuvent imposer de nommer qui intervient dans la chaîne. Nous demandons à chaque agence de vérifier ces points avec son conseil. Mieux vaut le faire avant la signature que pendant un litige.

Le jour de la remise : vérifier que le code appartient bien à l'agence et que tout fonctionne encore

Un guide sur le choix d'un sous-traitant liste trois vérifications de confidentialité : aucun contact direct avec le client final, une livraison sous la marque de l'agence, et la restitution complète de tout le travail à l'agence. Les deux premières se règlent pendant le projet. La troisième se joue le jour de la remise, et c'est là que les pannes silencieuses apparaissent.

Nous en surveillons deux en particulier.

Les mises en ligne qui s'arrêtent sans prévenir. Quand le code est transféré sur le compte de l'agence, l'hébergement peut rester rattaché à l'ancien emplacement. Le site reste en ligne. Mais les modifications suivantes ne sont jamais publiées, et aucune erreur ne s'affiche. L'agence le découvre trois semaines plus tard, quand son client demande pourquoi la correction promise n'apparaît pas. Après chaque transfert, nous publions donc une petite modification et nous vérifions qu'elle est réellement en ligne.

Les emails qui ne partent plus. Le domaine d'envoi est rattaché à un seul compte. Le déplacer impose de renouveler les accès de chaque expéditeur : l'application, mais aussi l'outil qui envoie les emails de connexion. Si l'un d'eux est oublié, les confirmations d'inscription cessent de partir le jour du lancement. Nous faisons un envoi réel depuis le nouveau compte avant de considérer la remise terminée.

Nous remettons aussi la liste de ce que nos tests couvrent. Nous ne disons pas « tout fonctionne ». Nous disons « testé contre cette liste ». Un test qui passe prouve seulement ce qu'il vérifie. L'agence doit savoir où s'arrête cette preuve.

La remise est terminée quand cinq conditions sont réunies : les comptes sont au nom de l'agence ou de son client, la documentation est livrée, une modification publiée après le transfert est bien en ligne, un email réel est parti, et nos propres accès sont retirés. Ce dernier point surprend parfois les agences. Pour nous, c'est la meilleure preuve que le code leur appartient vraiment.

Écrit par

Pillet Grenié BUREAU a été fondé par Quentin Pillet et Tom Grenié.

À propos du studio
Service associé

Croissance

Améliorer le référencement, les performances et la clarté de votre site pour aider les bonnes personnes à trouver et comprendre votre offre.

Plus sur Notes de studio

Dites-nous ce dont vous avez besoin.

Votre brief n’a pas besoin d’être finalisé. Expliquez-nous ce que vous cherchez à faire, ce qui vous bloque et ce que vous avez déjà essayé.

Démarrer une conversation
Coulisses